Retable – souvenirs d’une création

Pièce musicale, dispositif d’installation sonore et visuel

(Création 2021)

Création, compositions et mise en scène: Kevin Malfait Interprétation: Julien Pluchard Regard extérieur: Sonia Garcia Production: Autour Coproduction et soutiens: Fondation Martell, Compagnie des marches de l’été, le Bel Ordinaire, Föhn.

Retable – souvenirs d’une création est une pièce musicale en trois parties pensée à travers un dispositif d’installation sonore et visuel.

Dans le premier temps, on peut y voir une succession de fragments picturaux tirés de l’agneau mystique – célèbre retable des frères Van Eyck – en y entendant une composition musicale originale créée pour ces peintures. Construite comme des échos à l’oeuvre, la musique accompagne le spectateur au sein de chemins créés par l’agencement des fragments, et tente d’en révéler certaines parties volontairement occultées.

Dans le deuxième temps, on y entendre des récits de spectateurs transmettant le souvenir d’une mélodie, d’un instant de pièce, la description d’une partie de sculpture, d’une scénographie, etc.
En donnant ainsi seulement des instants, des souvenirs, j’espère créer chez le spectateur diverses images qu’il pourra, au gré des récits et avec sa subjectivité, assembler de manière instinctive pour ainsi créer sa propre mise en scène mentale, son assemblage.

Dans le troisième et dernier temps, une composition à l’orgue positif est jouée, donnant pour la première fois un acte en direct. Confrontant ainsi le pré-existant (tableaux, musique, récits) à l’instantané.
Ce morceau, fort des images engrangées précédemment, est dépourvu de mots, de peintures ou de sons supplémentaires.

À leur manière, les trois parties tentent de susciter chez le spectateur le désir du « non-visible », d’imaginer les parties manquantes, de « gérer » la frustration du caché en créant un tout avec les éléments donnés, de fantasmer ce qui se trouve hors champ. Comment la musique, de fait abstraite, véhicule alors des images ? Quel pouvoir de modification a-t-elle ? Comment nous pousse-t-elle au-delà du visible ?

Comment accompagner le spectateur à créer ce qui se trouve en dehors du cadre ?

Dans une époque où les œuvres – ou reproductions d’oeuvres – sont accessibles presque instantanément, comment retrouver du désir pour l’inaccessible ? Comment le transmettre ?

Crédit image: Sonia Garcia